Tout juste éveillé, je reste encore allongé.
L'aube se fait sentir, et la nuit va repartir.
Les oiseux poussent leurs cris, le ciel s'éclairci.
Leur doux chant se répand, réveille lentement les gens.
La gaieté s'est propagée, tel un virus, telle une armée.
De ce monde de vie, je me sens comme banni.
Je reste insensible, mon âme est en exil.
Je revois ton image, je contemple ce mirage.
Je ressens ton absence, je me rappelle ta présence.
Les germes du mal sont en moi, mais ils sont aussi en toi,
J'aurais voulu t'aider, toi aussi tu as essayé.
Mais mon âme est terreau, où se développent les maux.
Alors pour n'en point pâtir, ils ne doivent pas s'en nourrir.
Mieux vaut te laisser, pour ne pas t'alarmer.
C'était là mon idée, elle semble partagée...
Ni jumeaux ni frères, juste séparés par un mur de verre.
Je t'aime toujours plus, et je ne me supporte plus.
Je t'aime avec ardeur, et pourtant j'ai peur.
Car cette haine de soi, je la retrouve chez toi.
Un miroir déformant, entre nous, êtres vivants.
La même âme égarée se cache sous d'autres traits.
Une âme qui ne saurait s'aimer,
mais qui en l'autre souhaite se retrouver.
Trop de toi en moi, trop de moi en toi, trop de peur en nous...